ONERA – L’exemple à ne pas suivre.

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Chatillon, le 11/02/2010

Lors d’une séance exceptionnelle, le 11 décembre 2009, le CA de l’ONERA (Etablissement Public chargé de la Recherche Aérospatiale Française sous la tutelle du ministère de la Défense) a proposé la reconduction pour 5 ans de son président précédent, Denis Maugars. Pourtant son bilan est très loin d’être flatteur, comme en témoigne la déclaration commune des administrateurs élus par le personnel (CFDT, CGT, CFE-CGC et FO), à ce même CA.

Durant ces 5 dernières années, sous l’effet de la politique mise en œuvre par son Président, l’ONERA a, en apparence, pu afficher un résultat d’exploitation positif, dégageant même un peu d’autofinancement. Ce résultat comptable semble finalement être le seul élément déterminant pour nos tutelles ministérielles. Pourtant, son analyse montre que la structure de ce résultat n’est pas aussi saine qu’il y parait et pourrait bien fragiliser l’ONERA dans son positionnement. Fondé sur une modification substantielle de son activité, il le situe dans une démarche de réponse à la demande plutôt que d’anticipation et d’élaboration des réponses à apporter à de nouveaux besoins.

Or, comment oublier que l’ONERA a une mission de service public à assumer, en particulier de préparation de l’avenir dans le domaine de l’aérospatial ? Maintenant, l’ONERA veut vendre « de la Recherche qui rapporte » et a développé la chasse aux contrats auprès des industriels (plus de 60% du financement de l’ONERA). Si, ainsi, les résultats financiers de l’ONERA sont redevenus positifs, cette politique n’est pas sans conséquence sur la nature des activités. Ce sont les besoins des industriels, à court terme, qui pilotent ainsi notre activité au détriment de la préparation du futur, à plus long terme.

Une des premières conséquences de cette politique est que l’ONERA ne propose aucune stratégie scientifique. La seule stratégie est de proposer nos services là où il y a de l’argent : prestataires de services des industriels ! Et le projet de Contrat d’Objectif et de Moyens présenté au CCE exprime noir sur blanc cette stratégie. Avec une telle politique, nous puisons dans nos réserves de « savoirs », nous éradiquons, petit à petit, toutes les manips expérimentales jugées trop coûteuses alors même que c’est justement ce lien fort avec l’expérimental qui fait la force de l’ONERA. Le corollaire de ce positionnement est l’embauche en CDD de salariés jetables destinés remplir les missions ponctuelles commandés par nos « clients ». La direction a tenté, en vain, d’imposer la mise en place des contrats déterminés à objet défini (CDDOD), forme de CDD de longue durée parfois appelés contrats de missions ; le CDI n’est plus la norme.

La deuxième conséquence est la dégradation importante des conditions de travail du personnel. En effet, on observe une démobilisation due à l’abandon de notre mission de Recherche, à l’abandon de nos grands moyens expérimentaux, à la destruction des équipes, à la perte de visibilité à court et long termes sur nos travaux, sur notre avenir mais également due à l’individualisation du travail, à la déresponsabilisation de tous les acteurs et enfin à l’explosion de la pression sur le personnel (notamment pour la réalisation des contrats dans les délais avec des moyens en baisse perpétuelle).

Enfin, nous ne pouvons que déplorer la dégradation permanente des relations sociales. Cette dégradation est la conséquence d’un mépris total de la Direction vis-à-vis des représentants du personnel et donc du personnel. Le nombre de conflits est en croissance permanente comme en témoigne le nombre de procédures juridiques en cours (5). Les entraves au CCE (que le Président snobe depuis plusieurs années) se multiplient. Le personnel n’est plus associé à aucun projet, à aucune réflexion comme pour le Contrat d’Objectifs et de Moyens 2009-2014, en cours d’élaboration avec les tutelles. Des sanctions injustifiées d’élus tombent … les représentants du personnel sont vraiment à bout.

C’est l’ensemble de cette situation que les élus du personnel au CA ont dénoncé et exposé à l’ensemble des administrateurs. M.Maugars a, bien entendu, été réélu malgré le vote unanime des élus (CFDT, CFE-CGC, CGT et FO) contre lui.

Contact :

Gilles Marcon, DSC CFDT

01.46.73.45.68

cfdt-central@onera.fr

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